10.12.2007

Tromper l'ennui

Tremper la nuit dans l'encre.                                                                                                                                 Ponctuer ses silences d'une poignée d'étoiles.                                                                                                             Dehors, rien ne bouge. Les coquillages sont vides.

 

02.10.2007

Gourmandise

J'ai arpenté un bout de toi sur la pointe des pieds. Quel délice!
J'ai croisé le fer avec l'espoir. Quelle joute!
J'ai misé sur un cheval de bois. Quelle folie!
J'ai cheminé sans fumée avec toi. Quelle joie!
et j'ai mangé le bout du monde.

Rose

Sur la mer couleur de lie de vin, un bateau aux ailes déployées, glisse sur l'onde et perce l'azur.
Sur la terre aux fertiles récoltes, un arbre centenaire touche le ciel pour lui gratter la lune.
Dans le feu de ma cheminée, les flammes lèchent l'accord d'un crépitement de braises rougeoyantes.
Dans l'air parfumé de narcisse, l'homme plie sa rose en quatre avec son coeur.

07.07.2007

Coquelicot

J'ai pris le nom d'un éléphant - forcément ça trompe - et battant l'air de mes flancs, les oreilles auvent, dressé sur les pattes arrières en barrissant, j'ai posé sur la lune un coquelicot. Rouge rouge, la fleur fane et les pétales balayés par le vent nocturne en offrande farandolent autour d'un cratère. Rouge rouge la ronde nocturne. Dansent dansent les pétales orphelins. Et du cratère jaillit un arc-en-ciel. Les pétales grimpent, et se perdent dans le champ d'étoiles.

06.07.2007

Arbre nu

J'ai pris le nom d'un castor entrain de couper du bois. Il gelait à pierre fendre. La hache cognait le tronc et le tronc criait, criait. L'écorce a sauté. L'arbre à nu a pris ses racines à son cou pour se réfugier au fond d'une grotte, dans le creux d'une vallée couverte de prairies. Un ruisseau y coulait doucement. J'ai bu et me suis endormi, dans la grotte au pied de l'arbre nu.

29.06.2007

OUF

Ouf.
Je viens de regarder la mer par la fenêtre, elle est grise avec ses troupeaux d'écumes.
Elle lèche la rugosité des rochers. Noirs les rochers acérés, brillants dans le couchant.
Je me penche par la fenêtre et j'arrache l'un d'eux pour le fourrer dans ma bouche. Il roule sous ma langue, puis dessus, puis tangue, puis roule et je ferme la bouche. Il croustille sous mes dents. Délice effet mer.
 
Ouf.

Je prend deux doigts de sucre et les plonge dans le café; il se mare.
Tu chevauches l'aimant sur une boussole à en perdre le nord.
Il touche la pointe des pieds du bout du nez  - normal qu'il soit toujours enrhumé.
Nous courageons au devant des barrières barbelées d'un champ de blé.
Vous piégez les regards dans le sexe barbare
Ils ont réunis les choses et leur silence - quel tumulte!

21.06.2007

Bruit

Sur les trottoirs, les passants semblent frappés de frénésie, tandis que sous les plaques d'égouts des rats jouent aux cartes.
Dans le brouhaha des voitures enchevêtrées il n'est pas rare de voir un coquelicot en mini-jupe.
Et dans le tumulte des pas perdus, des jambes d'ivoire caressent un visage radieux.

Serpent

Le penchant naturel des choses est de se courber vers plus de lave.
L'étang regarde le ciel - le reflet est flou, et il s'en fiche, lui.
Le moral en charpie ressemble à des ronces certains jours, d'autres il sera plutôt à pencher vers le jouir.
Les mouches se cognent au vitrage, et nous nous croyons plus malins qu'elles en ouvrant la fenêtre - certains courants d'air ont des airs de faux-jetons - alors pourquoi ouvrir la fenêtre, toujours?
Sur des patins à glace, un cornet fait la nique aux artistes: il se la coule douce, lui!
Hier, J'ai pris le train. Les rails ont disparu à l'horizon, alors je suis descendu pour le regarder. Il ressemblait à l'orgasme.
J'ai attrapé un rhume passager dans le compartiment quand je suis remonté. Tu devrais toujours te méfier du penchant naturel des choses quand elles te redressent.

Le boa a bu l'étang et dévoré les ronces.

J'ai fermé la fenêtre. Tu crois aux anges? Non. Bon ben n'empêche il y en a un qui se faufile dans le compartiment en grignotant le cornet. Il a l'horizon dans sa poche. Regarde. C'est tellement.

Eau salée

Le mélange de miel aux couleurs soleil sur les rives d'un fleuve d'encre
disparait, noyé.
Puis renait en étoiles de mer au fond du ciel aqueux.
Il a ouvert ses ailes et ses bras se sont décollés
Il a ouvert son crâne et des abeilles se sont envolées
Il a pris ses jambes à son cou pour faire le clown
et le bateau a pris le large.
La mer reste collée aux tripes et ça tangue, ça tangue.
La mer grimpe aux rochers pour caresser des mollusques en érection.
La mer indigne frappe la coque du navire qui chavire.
La mer s'en va à vaux l'eau pour se refaire une jeunesse.
La mer a bu et déborde comme un sexe en pamoison.

A terre

Les nuages d'hier ont dessiné la mélancolie, étrange. Elle colle à la peau et finit toujours pelée.
L'âme en colis traine ses pinces à la Poste en espérant le plus beau et le plus charmant des destinataires.
Les nuages restent quand le vote passe. Ils se marrent, se gonflent et nous inondent d'espérance, nous qui sommes à terre, pour longtemps encore.

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