02 octobre 2009
Le loup
Un instant, tout d'un coup, j’ai envie de parler du loup

et ici aussi, dans la bouche d’un ami…
Les loups qui chassent et tuent dans les montagnes d’Anatolie
et le loup, l’autre…
qui se glisse dans le lit de la crise
de méfiance
Un Spectre qui se joue de James Bond
Un Mordor qui taquine Tolkien
Luke Sky Walker contre Dark Vador
Harry Potter contre Voldemort
Tous ont à faire avec lui
parce qu’ils ont à faire avec la vie
avec sa mort.
Chaperon rouge vit encore!
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01 janvier 2009
Sur un banc
20:25 Publié dans x Des mots, des mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 décembre 2008
En chemin
Il n’y pas d’autres chemins que celui que j'emprunte,
une constellation qui éclaire l’ennui,
qui marche sur la peur,
aux côtés de l’effroi d’être en vie
pour un temps incertain.

J’ai douté de mon existence dans la pénombre d’une chambre éclairée par la flamme vacillante d’une bougie.
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01 octobre 2008
BIG BANG NEUROLOGIQUE
Qui cache son fou, meurt sans voix. (Henri Michaux)
La rentrée...
Je n’ai plus envie de bouger.
Les radeaux ont quitté le port avec des débris d’hommes aux abois.
Sur une mer déchaînée ils se sont noyés d’attentes vaines, d’illusions de papier.
Grandeur de l’âme, je te donne les sept chandeliers du palais.
Bien avant que d’être
infiniment petit
sans parole et pourtant riche des secrets de poussière
le monde éclôt en hurlant
fracasse l’espace
le vide manquant
et dans un éclat de rire
le temps se dresse d’un coup
big bang neurologique
Qui parle
ici
qui crie
écris les cris
si ce n’est une hécatombe de lois,
une explosion d’attentes hors d’atteinte
je l’aspire sans cesse
sans que cela ne cesse
je procure à vie des jaillissements de langues
qui parle ?
un patrimoine cosmique
un big bang neurologique
une folie d’aimer
Où se trouve le siège lumineux du verbe dans l’obscur corridor de la parole ?
Où se trouve la clarté de la chair
l’écarté de la chair
la danse ronde des molécules ?
Qui es-tu langue mélodie
fille du vide grave
belle endormie ?
Je t’habille de sang, de soie, de flocons de neige.
Tiens, te voilà nue à présent,
malgré les apparats, les grimaces inutiles, la peur d’être soi.
C’est dans la profonde solitude que s’opère l’alchimie du verbe,
la naissance du monde cosmique.
Il est des lieux inaccessibles que seuls les anges peuvent caresser de leurs ailes -
ce sont des jardins suspendus au temps
fragiles, très fragiles, les jardins de l’Eden.
Si souvent tu secoues l’abîme et ils s’effondrent - la belle endormie aussi.
Il faut alors beaucoup d’anges pour la soigner au fond de l’abîme,
heureusement que le ciel n’en manque pas !
Il est un lieu sans cesse en mouvement qu’il me faut chaque jour réajuster, rattraper, quand dans le brouhaha des machines et des beautés illusoires, je le perds de vue, de vie, que je l’abandonne pour d’éphémères clartés, pour des sirènes ondulantes.
Quand je me retourne, non seulement il n’est plus là mais tout se fane autour de moi,
et d’un coup d’un seul j’ai le souffle coupé,
le ventre labouré.
Je meurs pour retrouver le temps perdu.
Je meurs si souvent en ce moment que je me demande bien ce qui me pousse à partir, ce qui attire.
Je meurs par petits bouts, à doses homéopathiques, et parfois aussi à grand fracas -
c’est une tempête qui soulève le radeau des moribonds
Et quand j’accoste sur une berge déserte, c’est un bouleversement d’absences.
Je suis, après chaque escapade, un peu plus perdu dans le dédale d’une vie.
Avant j’avais peur,
maintenant je souris au loup,
et je joue à chat-perché avec l’ogre.
Je le nomme dans un éclat de verre éparpillé sur la terre, et l’on dit que je déraisonne.
J’ai mille feux.
J’ai mis le feu au château,
de la cave au grenier les pierres se sont écroulées,
les bêtes féroces ont hurlé,
et je n’ai pas cédé à leurs pâles plaintes,
à leurs gémissements pitoyables et venimeux.
Je précise les enjeux, j’affûte ma lame, j’exerce mon doigt sans ambition
pour soulever l’aurore sur un plateau d’argent.
Elle éclate de rire et fait rougir le soleil de sa croquante beauté.
Je traverse des horizons chargés d’espoirs sans fin, et des nuits sans gloires.
Je l’imagine gravitant à l’aube de mes rêves érotiques autour d’une statue de chair sans cesse en mouvement.
J’ouvre mille espace.
J’espère le vide
pour dormir aux sommets des cathédrales,
bercé par un craquement de ciel,
une fêlure d’esprit.
Je parchemine sur une route d’encre soluble.
Je sème le vent dans les ondes éphémères d’un lac sorti des brumes.
Je l’extirpe d’une nuit radieuse aux côtés de la beauté sensuelle,
et je marche sur les eaux avec des pétales de coquelicots en guise de sandales.
Je crèverais le ciel pour garder la pluie de mes amours devenues.
Je lâcherais les hirondelles dans un semblant de fumée âcre.
Je parsèmerais les étoiles sur une voûte d’azur.
Je prierais à quatre genoux les errances des dieux orphelins.
Je regarderais le bleu de l’encre plongé dans l’âme blanche d’une page vide.
Je plongerais mes mains dans l’écume légère de la mer pour l’arracher à la moisson moribonde des pensées âcres, des anges déçus, déchus de nos rêves matinaux.
Nous sommes la juste somme de l’absence.
Je n’écris pas, j’expulse hors de moi des univers comme autant de feuilles en bout de branche.
Je plonge l’encre dans le parchemin et je nage sur le dos de la page.
Dans l’immense fosse avide, ce sont des vivants qui hurlent pour dire le temps.
Viens à moi insaisissable beauté,
c’est ici que je veux ouvrir les écluses du ciel pour déverser le lait des étoiles bavardes,
c’est ici que la cour s’ouvre aux parfums des notes mélodieuses d’une flûte,
ici que je peux dénombrer l’infini et m’écrouler d’impuissance, de rage et de chagrin.
Car ici le temps façonne et détruit à toute allure.
Ici pourtant rien ne bouge, apparemment,
et déjà tu lèves les yeux.
Alors tout se met en mouvement - un ballet gracieux d’atomes ivres qui débordent de générosité.
Ici, il y a la grandeur d’une page blanche posée sur la neige légère de l’écume qui divague.
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10 décembre 2007
Tromper l'ennui
Tremper la nuit dans l'encre. Ponctuer ses silences d'une poignée d'étoiles. Dehors, rien ne bouge. Les coquillages sont vides.
09:35 Publié dans x Des mots, des mots | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02 octobre 2007
Gourmandise
J'ai arpenté un bout de toi sur la pointe des pieds. Quel délice!
J'ai croisé le fer avec l'espoir. Quelle joute!
J'ai misé sur un cheval de bois. Quelle folie!
J'ai cheminé sans fumée avec toi. Quelle joie!
et j'ai mangé le bout du monde.
19:00 Publié dans x Des mots, des mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Rose
Sur la mer couleur de lie de vin, un bateau aux ailes déployées, glisse sur l'onde et perce l'azur.
Sur la terre aux fertiles récoltes, un arbre centenaire touche le ciel pour lui gratter la lune.
Dans le feu de ma cheminée, les flammes lèchent l'accord d'un crépitement de braises rougeoyantes.
Dans l'air parfumé de narcisse, l'homme plie sa rose en quatre avec son coeur.
10:15 Publié dans x Des mots, des mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 juillet 2007
Coquelicot
J'ai pris le nom d'un éléphant - forcément ça trompe - et battant l'air de mes flancs, les oreilles auvent, dressé sur les pattes arrières en barrissant, j'ai posé sur la lune un coquelicot. Rouge rouge, la fleur fane et les pétales balayés par le vent nocturne en offrande farandolent autour d'un cratère. Rouge rouge la ronde nocturne. Dansent dansent les pétales orphelins. Et du cratère jaillit un arc-en-ciel. Les pétales grimpent, et se perdent dans le champ d'étoiles.
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06 juillet 2007
Arbre nu
J'ai pris le nom d'un castor entrain de couper du bois. Il gelait à pierre fendre. La hache cognait le tronc et le tronc criait, criait. L'écorce a sauté. L'arbre à nu a pris ses racines à son cou pour se réfugier au fond d'une grotte, dans le creux d'une vallée couverte de prairies. Un ruisseau y coulait doucement. J'ai bu et me suis endormi, dans la grotte au pied de l'arbre nu.
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29 juin 2007
OUF
Je viens de regarder la mer par la fenêtre, elle est grise avec ses troupeaux d'écumes.
Elle lèche la rugosité des rochers. Noirs les rochers acérés, brillants dans le couchant.
Je me penche par la fenêtre et j'arrache l'un d'eux pour le fourrer dans ma bouche. Il roule sous ma langue, puis dessus, puis tangue, puis roule et je ferme la bouche. Il croustille sous mes dents. Délice effet mer.
Je prend deux doigts de sucre et les plonge dans le café; il se mare.
Tu chevauches l'aimant sur une boussole à en perdre le nord.
Il touche la pointe des pieds du bout du nez - normal qu'il soit toujours enrhumé.
Nous courageons au devant des barrières barbelées d'un champ de blé.
Vous piégez les regards dans le sexe barbare
Ils ont réunis les choses et leur silence - quel tumulte!
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